OSE Services au SFIIC 2026 : analyses non invasives in situ au service de la conservation et de l’étude de l’art contemporain
Participer à un événement international tel que le SFIIC International Congress 2026 est toujours un moment fort pour OSE Services. Plus qu’un rendez-vous scientifique, le SFIIC constitue un espace privilégié de dialogue entre restaurateurs, conservateurs, chercheurs, physiciens et chimistes, tous réunis autour d’un objectif commun : faire progresser les approches non invasives pour l’étude, la conservation et la compréhension du patrimoine.
L’édition 2026, organisée à Paris les 29 et 30 janvier, a mis à l’honneur les méthodes analytiques non invasives in situ, la documentation scientifique des œuvres et la complémentarité entre terrain et laboratoire. Une thématique qui résonne pleinement avec l’ADN d’OSE Services.
Un poster sélectionné au cœur des enjeux contemporains
Nous sommes particulièrement fiers de voir notre poster sélectionné pour cette édition du SFIIC. Il s’inscrit dans une continuité de travaux menés ces dernières années autour des analyses des matériaux sur site, appliquées aux œuvres d’art contemporain et aux matériaux modernes.
Le poster met en avant l’apport de la spectroscopie infrarouge FTIR portable, et plus spécifiquement de la technique DRIFTS-FTIR (Diffuse Reflectance Infrared Fourier Transform Spectroscopy), dans des contextes où le prélèvement est limité, voire impossible.
Les œuvres contemporaines, par la diversité de leurs matériaux – pigments de synthèse, polymères, mousses, résines, vernis industriels – posent des défis spécifiques en matière de conservation, de restauration et parfois d’authentification. Les analyses non invasives in situ deviennent alors un outil clé pour documenter la matière, orienter les choix de conservation et renforcer l’interprétation scientifique.
DRIFTS-FTIR : analyser sans contact, directement sur l’œuvre
Contrairement à l’ATR-FTIR, qui nécessite un contact direct avec la surface analysée, la DRIFTS-FTIR permet une analyse sans contact, particulièrement adaptée aux surfaces fragiles, sensibles ou altérées. Cette technique offre également une sensibilité à la stratigraphie, ce qui la rend précieuse pour l’étude de couches superficielles complexes.
Dans le cadre des travaux présentés au SFIIC, le DRIFTS-FTIR a été utilisé en complément d’autres techniques analytiques, telles que :
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ATR-FTIR, lorsque le contact est possible
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XRF, pour la caractérisation élémentaire
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Py-GC/MS, pour l’identification fine des polymères, liants et vernis en laboratoire
Cette approche croisée illustre l’importance du couplage terrain / laboratoire, au cœur des pratiques en sciences forensiques appliquées à l’art.
Étude de cas : Musée d’art contemporain de Lyon
Parmi les exemples présentés dans le poster, une étude menée en collaboration avec le Musée d’art contemporain de Lyon illustre concrètement l’intérêt de ces méthodes.
Lors de l’examen d’une œuvre contemporaine présentant des altérations localisées, des analyses DRIFTS-FTIR in situ ont permis d’identifier la présence d’une mousse polyuréthane utilisée comme matériau de calage ou de conditionnement. Ce matériau, inadapté au contact prolongé avec l’œuvre, était à l’origine de dégradations visibles.
Dans un autre cas, l’identification d’un pigment de synthèse a apporté des éléments essentiels à la compréhension de l’œuvre, de son historique matériel et des interventions antérieures. Ces résultats, confrontés à des analyses Py-GC/MS réalisées en laboratoire, ont permis de confirmer la nature des matériaux et de sécuriser l’interprétation.
Ces exemples montrent combien l’analyse des matériaux contemporains nécessite une lecture fine, à la croisée de la chimie analytique, de la physique des matériaux et des enjeux de conservation.
Entre conservation, restauration et sciences forensiques
Si les analyses non invasives sont aujourd’hui largement reconnues pour leur rôle en conservation-restauration, elles jouent également un rôle croissant dans la détection des faux artistiques (fake forgeries). L’identification de matériaux modernes incompatibles avec une période donnée peut constituer un indice déterminant dans une démarche d’expertise.
Les travaux présentés au SFIIC s’inscrivent ainsi à l’interface entre art contemporain, matériaux modernes et sciences forensiques, en apportant des outils concrets aux professionnels du patrimoine.
Une collaboration scientifique essentielle
Ce travail n’aurait pas été possible sans des collaborations scientifiques solides. Nous tenons à remercier tout particulièrement Nathalie Balcar (C2RMF) pour la richesse des échanges, la rigueur scientifique et la confiance accordée dans le cadre de ces études.
Nous remercions également chaleureusement l’équipe organisatrice du SFIIC 2026, pour la qualité du programme, l’attention portée aux méthodes non invasives et la mise en valeur des échanges interdisciplinaires.